samedi 18 septembre 2010

Tolérance et cohabitation

Lors de ma visite d’Amsterdam, fidèle à moi même, je suis allé voir les musés sur l’histoire d’Amsterdam et de la Hollande. Les enseignements qu’un Québec souverain pourrait tirer de l’histoire de la Hollande sont nombreux. Trop pour tous les abordés dans une seule page de carnet. Je me contenterai d’aborder une réflexion qui m’est revenu suite à la lecture de l’actualité du Kirghizistan où après des années de cohabitation pacifique les Kirghizs s’en sont pris à la minorité Ouzbek.

La Hollande, Amsterdam en particulier, était reconnu pour sa grande tolérance religieuse.  Cette tolérance religieuse fut un des éléments clé menant à l’établissement de l’empire commercial et financier que fut la Hollande avant la révolution industrielle. En effet, les juifs qui étaient chassés d’Espagne, du Portugal par l’inquisition et d’Europe de l’est par les pogroms et l’intolérance religieuse trouvèrent refuge à Amsterdam où leurs droits et leurs pratiques religieuses furent tolérés. Cette tolérance attira aussi beaucoup de huguenots de France. Tous ces nouveaux arrivants apportèrent une grande prospérité à la Hollande. Les capitaux qu’ils apportèrent aidèrent certainement mais ce sont surtout les réseaux que ces immigrants apportèrent qui permis de développer le commerce sur lequel se bâti la Hollande.

Cette tolérance religieuse était suffisante pour attirer les opprimés d’Europe à une époque où la répression religieuse faisait couler le sang. Toutefois, elle serait jugée injuste et intolérable de nos jours. En effet, les non-protestants (catholiques et juifs surtout) étaient exclu de la fonction publique, des guildes entre autre. On ne leur permettait pas le prosélytisme et le métissage n’était pas encouragé. Les juifs s’en accommodaient très bien puisse que s’était un désagrément mineur comparer à l’inquisition.

Cette « tolérance » eu pour effet d’aliéner la Flandre pourtant néerlandophone mais de permettre l’épanouissement des juifs d’Amsterdam. Les juifs de Hollande furent certes très épanouis mais on peut se questionner sur leur intégration. Le quartier juif fut longtemps habité quasi exclusivement par de juifs et les juifs habitaient presque exclusivement dans le quartier juif. Les non juifs habitant le quartier juif étaient généralement issus des minorités religieuses ou des non-conformistes comme Rembrandt.

Bref, les juifs hollandais cohabitaient avec les Hollandais sans être tout à à fait intégré. Toujours est-il que la résultante est que lors de la deuxième guerre mondiale, des 150 000 juifs d’Amsterdam 80 % furent déporté et bien peu revinrent à Amsterdam. La communauté juive de Hollande fut, à toutes fins pratiques, anéantie. En comparaison, la quasi totalité des juifs danois furent sauvé des griffes Nazi.

Ceci soulève pour moi de nombreuses questions. Mais un constant s’impose. Pour assurer la pérennité de l’équilibre sociale, il faut une intégration des sous groupes culturels au tout social.

Je me demande donc si la cohabitation en vase clos n’a pas toujours des effets délétères à long terme? Si le multiculturalisme canadien n’encourage pas cette cohabitation en vase clos? Si la cohabitation en vase clos apporte n'est pas gage de pérennité pour les minorités, comment peut-on prétendre que le Québec a intérêt à rester dans le Canada?


lundi 6 septembre 2010

Descendre la montagne d’en bas

Fjord et Péninsule de Stavanger

Cette fin de semaine, moi et ma douce avons choisi de grimper une montagne. Le temps étant superbe, c’était là une magnifique idée qu’évidemment nous ne serions pas les seules à avoir. Comme de raison, une fois arrivé dans la valle d’où partaient les sentiers pédestres, il y avait un monde fou!

C’est bien pour se retrouver dans un bouchon de circulation qu’on va à la campagne les dimanches.

Le stationnement étant plein, on est pris pour se trouver une place où on peut. Cette place se présenta sous la forme d’un espace large comme une yaris plus 20 cm entre 2 autos stationnés devant une grange. L’autre coté étant un mur, il fallu zigonner à la Austin Powers ( voir la séquence du chariot dans le repère de Dr. Evil dans Austin Powers) 1 pour mettre l’auto perpendiculaire à la route et faufiler l’auto dans l’interstice.

Après cet exploit de ma douce, nous arrivâmes à nous extirper de l’auto pour commencer notre excursion. Malheureusement, il y avait tellement de monde que les sentiers menant au renommé et, de toute évidence, encore plus populaire sommet devaient être complètement congestionnés.

Avec un sens exceptionnel de l’improvisation que je ne lui connaissais pas, ma douce trouve une autre excursion à faire dans cette même vallée. Après quelques centaines de mètres, le chemin commence à descendre de manière très directe et très abrupte vers le fjord. Le doute nous assaillit : sommes-nous sur le mauvais chemin?

Maison de schtroumpf rencontré en chemin


On retourne sur nos pas pour découvrir qu’effectivement nous avions manqué un embranchement. Peu après notre retour sur le droit chemin, celui-ci commence à descendre lentement en longeant la montagne. On continue en se disant que cela remontera bien. Les panneaux subséquents confirme que nous sommes sur le bon sentier mais nous continuons à descendre! Finalement, après avoir croiser vaches et moutons, nous arrivons à un belvédère qui jouxte une banlieue.

Le belvédère était minimal, une dalle de béton, une table à piquenique  et une longue-vue.  La vue y était très belle, on pouvait voir le fjord et pratiquement toute la péninsule où git la Stavanger. On pouvait aussi y voir le « sommet » que nous devions atteindre…20 m plus loin et 5 m plus haut! Je suis toujours surpris qu’on puisse avoir une si belle vue ne faisant que descendre!

mardi 31 août 2010

la VOC


Depuis mon passage à Amsterdam, la VOC (compagnie néerlandaise des Indes orientales) m’intrigue et m’ébahis. Et l'histoire de cette compagnie a renforcé mon impression que la transparence et l'équité des actionnaires sont essentielles au bon fonctionnement des compagnies à actions, et pour redonner du pouvoir aux petits épargnants. L'histoire de la VOC est très particulière. À mon avis, elle ne préfigure pas seulement les grandes multinationales, elle démontre (pour ceux qui en douterais encore) que l'état à un rôle structurant à jouer dans l'économie, et particulièrement des "petits" pays. 

État stratège

En effet, la VOC fut créé par une initiative de l'état qui décida d'unir les différentes chambres de commerces des différentes provinces dans la création de cette entreprise. La VOC permis au Provinces-Unis de déclasser commercialement tout ses concurrents européens malgré une population plus petites, un territoire plus petit, des ressources naturelles très limités et une position géographique désavantageuse pour le commerce maritime avec l'orient. Sans cette initiative stratégique de l'état, jamais ce "petit" pays ne ferait parti des grandes nations à avoir bâti un empire colonial.

État régulateur

La chute de ce colosse en 1798 est d'une manière emblématique de la crise financière de 2008-2009  qui a suivi les années de dérégulations. En effet, pour diverses raisons qui mériteraient une étude approfondie, l'état n'intervint pas dans le fonctionnement de la VOC après sa création si ce n'est de tentatives vaines à la toute fin de son existence. La VOC était une société à actions mais les actionnaires avaient bien moins de pouvoir qu'ils ne l'ont de nos jours. Les états financiers qui leurs étaient présentés étaient très partielles et ne pouvaient donner une image juste des profits de la société.1 Le silence des actionnaires était acheté par des dividendes élevés.2 Les actionnaires ne nommaient pas les dirigeants, cette fonction était assuré par les chambres responsables de sa création.3  Ces dirigeants suggéraient aux actionnaires trop critique de vendre leurs actions... Ce qui n'était pas très pertinent dans la mesure où la VOC était un monopole! 4 Parmi les modifications dont la VOC avait un urgent besoin, notons les règles d’éthiques entourant les dirigeants de la compagnie qui travaillait souvent plus dans leur intérêt que dans celui de la compagnie.5 Notons aussi que la rigueur de la règlementation régissant les employés de la VOC combiné à leur maigre salaire en poussa plusieurs à la corruption et à la désertion ce qui raréfia les talents dans la VOC.6 Quand la VOC disparu, les Provinces-Unis ne purent maintenir leur empire coloniale.7

1 La transparence dans les produits financiers et la gestion des compagnies est encore actuelle de nos jours.
2 On a la une certaine ressemblance avec les scandales financiers de nos jours des subprimes à Norbourg.
3 De nos jours les hauts dirigeants ne sont nommés que parts des cliques d'administrateurs souvent liés à des groupes de placements.
4 Ce qui n’est pas sans rappeler les oligopoles qu’on voit de nos jours tel que dans l’industrie automobile.
5 Encore de nos jours l’éthiques, l’intérêt et la rémunération des hauts dirigeants est encore un grande préoccupations
6 La mondialisation et le profit à court terme poussent plusieurs compagnies occidentales rendre leur propre employés moins loyaux.
7 Est-ce le « too big to fail? » Est-ce le sort qui aurait attendu (ou attend) les USA si leur gros joueurs banquiers et automobiles tombaient?

Pour tous ceux qui seraient toujours sceptique comme mon oncle, l'exemple de la VOC en est un de plus en faveur d'un état plus stratège et d'un état régulateur. Mais je suppose que la raison a peu à voir avec ses penchants à droites. Pour moi, la VOC est aussi un exemple de plus en faveur de la souveraineté. Jamais la Hollande n'aurait le statut enviable qu'elle a aujourd'hui, si elle serait restée sous la gouverne d'un autre état. 

Ps. Texte du blogue Sophie Cousineau sur les « progrès » de la « démocratie » dans les sociétés par actions :

« c’est une petite révolution dans la vie des entreprises publiques aux États-Unis. La Securities & Exchange Commission (SEC), la police de la bourse aux États-Unis, vient d’approuver un changement qui donne plus de munitions aux actionnaires d’une société publique qui veulent changer la composition de son conseil d’administration.
Ainsi, c’est une victoire pour les défenseurs des droits des actionnaires minoritaires, bien que les putschistes puissent avoir toutes sortes de motivations, selon qu’il s’agit d’une caisse de retraite, d’un fonds de couverture ou d’une entreprise qui tente une prise de contrôle hostile.
En vertu de la nouvelle règle, un actionnaire qui souhaite proposer sa propre brochette d’administrateurs n’aura plus à envoyer des bulletins de vote distincts aux actionnaires et à faire campagne de l’extérieur, une opération coûteuse qui décourage nombre d’investisseurs. Même si cela lui répugne, l’entreprise visée par un putsch devra mettre les noms des candidats concurrents à ses administrateurs dans ses documents et assumer tous les coûts d’envoi."
Notons que la loi est encore loin d'avoir été approuvé par le congrès.